L’artiste issu d’une civilisation dite primitive a d’autres préoccupations que de copier fidèlement les choses qui l’entourent. Pour lui, la forme est avant tout une allusion à une référence exprimée par la transformation du modèle de base par l’ajout d’éléments ou la déformation de certaines portions de la sculpture, sans pour autant en délaisser l’aspect esthétique. Ces disproportions du corps procèdent d’un choix conventionnel au groupe ethnique qui en connait parfaitement la signification et le pouvoir: matérialisation des forces occultes, des mythes et des croyances religieuses de son peuple en faisant offices d’intermédiaires avec les forces surnaturelles ou qui lui serviront à commémorer les morts et apaiser leur âme.
« La qualité la plus frappante des arts primitifs, commune à tous, est leur intense vitalité. C'est quelque chose que les gens ont fait en réponse directe et immédiate à la vie.»